9 févr. 2021

Arnaud Desplechin

Cinéaste français, 1960















Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Thibault de Montalembert, Laurence Cöte, Roch Leibovici, Marianne Denicourt
Film français
Genre : drame
Durée : 54 min
Année de production : 1991
Patrick, vingt ans, a tenté de mettre fin à ses jours. Alors qu’il est hospitalisé, dans le coma, les quatre branches de sa famille se retrouvent dans une maison bourgeoise du nord de la France. La plupart des cousins, cousines, tantes ou neveux ne se connaissent pas ou se sont perdus de vue. La vie s'organise autour des lits de fortune, des cigarettes matinales, des repas improvisés et des visites à l'hôpital...
Avec ce premier film, un moyen métrage, Arnaud Desplechin montrait une maîtrise du cinéma et une force d’expression telles qu’il était déjà hissé au rang des meilleurs. À l’origine, une idée forte : l’attente d’une famille confrontée non pas à un deuil mais au coma d’un des leurs. Construit comme une mosaïque humaine, ce portrait de famille refuse tout pathos même si l’ombre entêtante de la mort l’enveloppe. Peur, jeu, tristesse, insouciance se superposent sous la forme d’un ballet où toutes les générations sont représentées. L’auteur relie tout le monde en dessinant une part intime de chacun, des enfants et des parents, des morts et des vivants, des gens forts ou déficients. Le film est une quête d’équilibre entre le silence et la parole, entre ce que l’on tait et ce que l’on avoue, entre le refus de la mort et son acceptation.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Emmanuel Salinger, Valérie Dréville, Thibault de Montalembert, Jean-Louis Richard
Film français
Genre : suspense
Durée : 2h20
Année de production : 1992
Dans le train qui le ramène, Mathias, un étudiant, rencontre un homme qui le menace. Troublé, il découvre le lendemain dans ses bagages une tête humaine.
Premier long métrage d'Arnaud Desplechin, La Sentinelle imprime sur le cinéma français une marque indélébile souvent imitée, parodiée ou plagiée. Un cinéma bourgeois parisien, marqué par l'école de la FEMIS. Dans le cinéma français, il y a un avant Arnaud Desplechin et un après. Desplechin a en effet mis en place un dispositif, l'étude quasi sociologique d'un milieu, le sien, la petite bourgeoisie parisienne, et a installé toute une galerie d'acteurs et d'actrices ainsi que des scénaristes et cinéastes (Emmanuel Salinger, Mathieu Amalric, Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos...)
La sentinelle est aussi un premier film intriguant, sûr de lui qui n'hésite à aucun moment. L'assurance de Desplechin est à tous les niveaux (réalisation, scénario, direction d'acteurs) ce qui est stupéfiant lorsqu'on considère la complexité de l'histoire de La Sentinelle, mélange de film d'espionnage historique et politique et de drame intimiste.
La Sentinelle rejoint Les Patriotes d'Eric Rochant (avec qui Desplechin avait écrit Un Monde Sans Pitié et qui créera plus tard «Le bureau des légendes) par son approche ultraréaliste du métier d'espion. Mais le contexte politique, la chute du communisme et les tractations diplomatiques entre l'est et l'ouest n'est qu'une décor car ce qui intéresse finalement Desplechin c'est le destin de deux hommes dont la morale les oppose au reste du groupe. La Sentinelle pose des questions philosophique comme la place de l'individu dans l'Histoire, la conscience individuelle face à la conscience collective. Mais surtout, La Sentinelle ouvre la thématique de l'héritage et de la mémoire de la famille, qu'on retrouvera par la suite dans tous les films de Desplechin.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Mathieu Amalric, Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger
Film français
Genre : comédie dramatique
Durée : 2h55
Année de production : 1996
Les histoires d'amour et les péripéties de Paul, 29 ans, maître-assistant en philosophie à l'université de Nanterre où il s'ennuie... Incapable de finir sa thèse, en couple depuis 10 ans avec Esther, il voudrait rompre avec elle pour séduire Sylvia, la compagne de son meilleur ami, Nathan. Par ailleurs, Valérie, sa confidente manipulatrice et un brin hystérique, s'accroche à lui. Ces amours et ces amitiés aident Paul à mûrir.
Une comédie sociologique pertinente sur les problèmes existentiels d’une bande de copains. C’est bavard, parfois agaçant, brillamment interprété, très long mais jamais anodin.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Summer Phoenix, Ian Holm, Fabrice Desplechin, Frances Barber
Film franco britannique
Genre : drame
Durée : 2h30
Année de production : 2000
Une Anglaise s’éveille à la vie et à l’amour en devenant actrice.
Dans Esther Kahn, l'intelligence et la dimenson mentale, loin de se figer en pose d'artiste, se muent en matériau romanesque, qui nous immerge dans le mystère de verbe et de chair de la conscience humaine.

Réalisé par Arnaud Desplechin.
Avec Sami Bouajila, Wladimir Yordanoff, László Szabó, Jean-Paul Roussillon
Film français
Genre : comédie dramatique
Durée : 2h05
Année de production : 2002
Les relations ambiguës entre un industriel de l’armement en plein triomphe, et son fils, ambitieux et faible à la fois.
Cette oeuvre à la beauté convulsive, pétrie d'inquiétude, zébrée d'intuitions géniales, foisonnante d'hypothèses, s'apparente, au risque de la saturation, au tir tendu de fusées éclairantes dans la nuit noire du processus créateur.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Catherine Deneuve, Maurice Garrel, Valentin Lelong
Film français
Genre : comédie dramatique
Durée : 2h30
Année de production : 2004
Deux histoires disjointes : d'une part le couronnement de Nora Cotterelle, qui s'apprête à se marier, et d'autre part la déchéance d'Ismaël Vuillard, interné par erreur dans un asile psychiatrique et sur le point d'en sortir en piètre état. Ces deux intrigues se rejoignent quand Nora propose à Ismaël l'adoption de son fils Elias...
Arnaud Desplechin nous offre un film brillant, touche-à-tout, complexe, un diamant aux facettes multiples dont chacune irradie en son temps avant de laisser la ronde s'emparer de la suivante. La qualité de jeu des interprètes et une technique sans failles achèvent d'emporter la conviction. Mathieu Amalric a reçu le César du meilleur acteur en 2005.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Arnaud, Fabrice et Robert Desplachin
Film français
Genre : documentaire
Durée : 1h10
Année de production : 2007
Desplechin filme son père, son frère Fabrice et ses neveux dans la maison familiale de Roubaix à la veille de la vente de celle-ci.
Le film est la deuxième expérience « documentaire » du cinéaste après le travail sur Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » et Unplugged, en jouant « Dans la compagnie des hommes ». Le film contient de nombreux éléments de repère permettant de décoder les autres films du cinéaste (La Vie des morts ; Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » ; Esther Kahn, etc.). Il fournit ainsi diverses clefs (maison familiale, architecture urbaine, cimetière, conversation entre père et fils, etc.) facilitant l'accès à son univers cinématographique et biographique.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon, Mathieu Amalric, Anne Consigny
Film français
Genre : comédie dramatique
Durée : 2h32
Année de production : 2008
Une réunion de famille. A Noël. Dans une vieille maison de Roubaix qui ressemble au château fort d’un conte, lentement défait par le temps. Junon et Abel s’apprêtent à y recevoir, réunis devant le danger qui menace (Junon, malade, va mourir si on ne lui greffe pas la moelle d’un donneur compatible), enfants, petits et grands, flanqués de leurs compagnons. Tribu dispersée, hétéroclite, aux amours inexplicables et aux haines inexpliquées, dissimulant leur désarroi sous une insolence qui leur sert de règle de vie et de morale.
Dialogues au rasoir, mise en scène viscérale, rythme impeccable : le cinéaste, épaulé par des interprètes en diamant, orchestre en virtuose une sarabande où chacun livre son ressentiment, arbore sa plaie. De même qu' "Un conte de Noël" récapitule les films précédents de Despleschin, il annonce la suite d'une oeuvre qui promet d'être plus apaisée : moins d'acharnement, plus de tendresse.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Benicio Del Toro, Mathieu Amalric, Ricky Wayne
Film français
Genre : drame
Durée : 2h02
Année de production : 2013
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l’hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spécialisé dans les maladies du cerveau. Jimmy Picard souffre de nombreux troubles : vertiges, cécité temporaire, perte d’audition... En l’absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s’impose est la schizophrénie. La direction de l’hôpital décide toutefois de prendre l’avis d’un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux.
Jamais le cinéaste n’a approché avec un tel resserrement, ni une telle sérénité, ce motif originel de son cinéma qu’est la blessure de l’âme. Tapie dans la chair du film, la cicatrice fait graviter autour d’elle tous les voyages intérieurs des personnages. Le western (freudien) vu par Arnaud Desplechin 

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Michel Vuillermoz, Denis Podalydès
Film français
Genre : drame
Durée : 1h30
Année de production : 2014
Dans la Russie du XIXe siècle, une riche veuve vieillissante et guindée s’éprend d’un jeune aristocrate sans le sou. Elle est sur le point de lui céder les bois de son domaine quand survient son neveu, héritier de la propriété.
La Forêt est le premier film tourné pour la télévision par Arnaud Desplechin. La pièce du dramaturge russe Alexandre Ostrovski, qu'il a adaptée pour la collection « Théâtre » d'Arte, aborde les thèmes fétiches du cinéaste – de la famille dans tous ses états au pouvoir corrupteur de l'argent en passant par l'éloge de l'art en général, et du théâtre en particulier. Il y a du Molière et du Tchekhov dans cette satire à la fois caustique et mélancolique, où une veuve vieillissante s'éprend d'une jeune aristocrate sans le sou ; où une héritière aime en secret le fils d'un riche moujik ; où des saltimbanques viennent semer le désordre dans une maison bourgeoise. Desplechin assume jusqu'au bout les origines théâtrales de ce texte brillant, en donnant à voir les artifices de la représentation : dans une même scène, les personnages passent d'un décor naturaliste (une clairière, un salon…) à un décor abstrait (un fond noir). Et font basculer La Forêt dans un onirisme envoûtant.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecolliner, Mathieu Amalric
Film français
Genre : drame
Durée : 2h
Année de production : 2015
Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie.
Paul Dédalus, exfiltré de "Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle)", n'est ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Enrichi au contact de personnages et de lieux en provenance de "Rois et Reine" ou "Un conte de Noël", l'alter ego du cinéaste offre à ce dernier la matière d'un film à tiroirs mélancolique et enjoué, tragique et solaire. Les films de Desplechin ont décidément l’art d’emporter dialogues et mise en scène, parler et voir, en un même mouvement qui les rend violemment synchrones, indémêlables et entrechoqués.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg
Film français
Genre : thriller, drame
Durée : 1h54
Année de production : 2017
À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…
On retrouve ici tous les thèmes d'Arnaud Desplechin, la même glaise autobiographique, romanesque, burlesque, analytique, brassant en un même feuilleté vertigineux l’intime, le politique, l’artistique, le corps, la pensée et le processus créatif. Si son univers apparaît familier, le cinéaste surprend en empruntant des chemins de traverse, signe éclatant de la vitalité de son œuvre.

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier
Film français
Genre : thriller, drame
Durée : 1h59
Année de production : 2019
À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…
Dans "Roubaix, une lumière", polar à l’efficacité métronomique, Arnaud Desplechin filme les noces de l’ombre et de la lumière, et sonde l’espace mystérieux où l’humain et l’inhumain se côtoient C’est le vertige et le paradoxe du film : le réel s’y impose d’abord violemment, mais il se réenvoûte de l’intérieur et se met inexplicablement à parler le Desplechin, à ressembler à un monde écrit par lui.

Réalisé par Arnaud Desplechin
avec Denis Podalydès, Léa Seydoux, Emmanuelle Devos
drame, romance
1h45
France
2021
Londres - 1987. Philip est un écrivain américain célèbre exilé à Londres. Sa maîtresse vient régulièrement le retrouver dans son bureau, qui est le refuge des deux amants. Ils y font l’amour, se disputent, se retrouvent et parlent des heures durant ; des femmes qui jalonnent sa vie, de sexe, d’antisémitisme, de littérature, et de fidélité à soi-même…
Un tourbillon sentimental aussi élégant que tortueux qui renoue explicitement avec la veine romanesque et littéraire du réalisateur.

Réalisé par Arnaud Desplechin
avec Marion Cotillard, Golshifteh Farahani, Melvil Poupaud
drame
1h48
France
2022
Un frère et une sœur à l’orée de la cinquantaine… Alice est actrice, Louis fut professeur et poète. Alice hait son frère depuis plus de vingt ans. Ils ne se sont pas vus depuis tout ce temps – quand Louis croisait la sœur par hasard dans la rue, celle-ci ne le saluait pas et fuyait… Le frère et la sœur vont être amenés à se revoir lors du décès de leurs parents.
Un duel somptueux au cœur d’un film magistral sur les conflits familiaux inextricables.


Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Mathieu Amalric, Dominique Païni, Clément Hervieu-Léger
France
Chronque
1h28
2024
Arnaud Desplechin retrouve son alter-ego Paul Dédalus, héros de son œuvre autobiographique amorcée en 1996 avec Comment je me suis disputé…ma vie sexuelle et poursuivi des années plus tard avec Trois souvenirs de ma jeunesse. Il revient cette fois-ci à l’enfance de son personnage, et racontera la manière dont il s’est initié au cinéma : d’abord comme spectateur, puis cinéphile, et enfin réalisateur.
Spectateurs ! est en quelque sorte une manière de dévoiler les inspirations d’un cinéaste, ses motivations, ce qui l’anime encore aujourd’hui, et toujours l’idée de placer le public au centre de la cinéphilie. Pour Arnaud Desplechin, il est un élément essentiel de l’appréciation des longs-métrages. Spectateurs ! lui rend aussi un hommage fort, même si l’objectif est surtout de parler d’une passion dévorante, d’un art qui séduit et envahit la pensée.

Deux pianos
Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec  François Civil, Nadia Tereszkiewicz, Charlotte Rampling
Drame
1h55
2025
France
Mathias Vogler rentre en France après un long exil. La mentore de sa jeunesse, Elena, souhaite qu’il donne une série de concerts au piano à ses côtés à l’Auditorium de Lyon. Mais dès son retour, une rencontre avec un enfant qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, son double, plonge Mathias dans une frénésie qui menace de le faire sombrer, et le mènera à Claude : son amour de jeunesse.
Desplechin, dans des tons tantôt dorés, tantôt bleutés, fixe un vertige sur la pellicule, décortique ces amours ratées qui ne le sont jamais complètement, sonde la notion de paternité, fouille dans les entrailles d’un artiste. Le plus littéraire de nos réalisateurs se croit tout permis, s’attarde sur la façon d’endormir un fils (imiter le lion à quatre pattes avec des grognements sourds), offre le champ libre à ses acteurs.