Chloé Zhao, née le 31 mars 1982 à Pékin, est une réalisatrice et scénariste chinoise. En 2021, elle reçoit les Oscars du meilleur film et de la meilleure réalisatrice pour Nomadland. La même année, elle est la réalisatrice et scénariste du film de l'univers cinématographique Marvel Les Éternels.
Les
chansons que mes frères m'ont apprises (Songs My
Brothers Taught Me)
Réalisé par Chloé Zhao
Avec John Reddy, Jashaun St. John, Taysha Fuller
Drame
1h34
2015
États-Unis
Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s'apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C'est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…
On ne cherchera pas de plus grand drame dans ce premier long métrage de la jeune réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao, tourné dans la réserve de Pine Ridge, avec une équipe réduite et sans acteurs professionnels. Loin de tout cliché western et de toute épopée, cette émouvante chronique tournée au plus près du quotidien pose avant tout la question, lancinante, de l’attachement : à sa terre, aussi ingrate soit-elle ; à sa famille, aussi décomposée soit-elle ; à sa culture, aussi minoritaire soit-elle. Sans qu’il soit jamais question de documentaire, la réalité est partout présente : les acteurs, pour la plupart, jouent leur propre rôle, et la mise en scène, en grande partie improvisée, est réduite à sa plus simple expression par un travail d’écriture au jour le jour, au fil d’un temps qui semble passer ici plus lentement que partout ailleurs en Amérique. Un temps qui, figé par la défaite, n’en glisse pas moins à la fin de ce très beau et tendre film vers l’espoir, ténu, d’une renaissance.
Réalisé par Chloé Zhao
Avec John Reddy, Jashaun St. John, Taysha Fuller
Drame
1h34
2015
États-Unis
Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s'apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C'est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…
On ne cherchera pas de plus grand drame dans ce premier long métrage de la jeune réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao, tourné dans la réserve de Pine Ridge, avec une équipe réduite et sans acteurs professionnels. Loin de tout cliché western et de toute épopée, cette émouvante chronique tournée au plus près du quotidien pose avant tout la question, lancinante, de l’attachement : à sa terre, aussi ingrate soit-elle ; à sa famille, aussi décomposée soit-elle ; à sa culture, aussi minoritaire soit-elle. Sans qu’il soit jamais question de documentaire, la réalité est partout présente : les acteurs, pour la plupart, jouent leur propre rôle, et la mise en scène, en grande partie improvisée, est réduite à sa plus simple expression par un travail d’écriture au jour le jour, au fil d’un temps qui semble passer ici plus lentement que partout ailleurs en Amérique. Un temps qui, figé par la défaite, n’en glisse pas moins à la fin de ce très beau et tendre film vers l’espoir, ténu, d’une renaissance.
The
Rider
Réalisé par Chloé Zhao
AvecBrady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau
Drame
1h44
2017
États-Unis
Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu'après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu'il ne peut plus s'adonner à l'équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d'une nouvelle identité et tente de définir ce qu'implique être un homme au cœur de l'Amérique.
L’ampleur émotionnelle déployée par le magistral The Rider prend paradoxalement source dans son dispositif minimaliste : un ton doux et patient, une narration élimée, un portrait intime. La grandeur de la réalisatrice réside dans son refus obstiné de domination d’un créateur sur sa créature, d’en faire une bête de foire malléable et extravagante. Elle s’efface et laisse s’épanouir toute sa profondeur. Saisissante effigie qui porte en elle le poids d’un paysage et de son histoire : le cinéma de Chloé Zhao se place dans la lignée de celui de Jeff Nichols où le lieu mis en scène charrie tant de souvenirs et de chagrins qu’il en devient écrasant et impossible à fuir. L’horizon dans The Rider est désolé : de vastes plaines désertiques s’étendent à perte de vue et ne laissent apparaître, près des habitations, que des terrains vagues d’où surgissent des carcasses de voitures, des déchets, des tombes. La douceur et la simplicité de la mise en scène de Zhao trouvent leur raison d’être dans ce territoire crépusculaire et apaisé : faite d’éclats impressionnistes, proche de la captation documentaire – renforcée par l’écriture de personnages calqué sur la réalité de ceux qui les incarnent – et nourrie par une intimité qui n’est jamais intrusive, elle filme Brady et ses proches comme membres à part entière d’une harmonie, témoins d’un retour à l’état de nature où toutes les frontières (si cruciales dans la définition du western et de l’histoire de l’Amérique) se brouillent. Comme dans Les Chansons que mes frères m’ont apprises, elle place sa caméra avec une rigueur qui la défend de toute approche paternaliste : en restant constamment à hauteur de la croyance de ses personnages, la réalisatrice s’installe dans leur rythme et magnifie leurs possibles. Ce drame réaliste, brut de poésie et tourné dans des paysages magnifiques, nous touche en plein cœur.
Réalisé par Chloé Zhao
AvecBrady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau
Drame
1h44
2017
États-Unis
Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu'après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu'il ne peut plus s'adonner à l'équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d'une nouvelle identité et tente de définir ce qu'implique être un homme au cœur de l'Amérique.
L’ampleur émotionnelle déployée par le magistral The Rider prend paradoxalement source dans son dispositif minimaliste : un ton doux et patient, une narration élimée, un portrait intime. La grandeur de la réalisatrice réside dans son refus obstiné de domination d’un créateur sur sa créature, d’en faire une bête de foire malléable et extravagante. Elle s’efface et laisse s’épanouir toute sa profondeur. Saisissante effigie qui porte en elle le poids d’un paysage et de son histoire : le cinéma de Chloé Zhao se place dans la lignée de celui de Jeff Nichols où le lieu mis en scène charrie tant de souvenirs et de chagrins qu’il en devient écrasant et impossible à fuir. L’horizon dans The Rider est désolé : de vastes plaines désertiques s’étendent à perte de vue et ne laissent apparaître, près des habitations, que des terrains vagues d’où surgissent des carcasses de voitures, des déchets, des tombes. La douceur et la simplicité de la mise en scène de Zhao trouvent leur raison d’être dans ce territoire crépusculaire et apaisé : faite d’éclats impressionnistes, proche de la captation documentaire – renforcée par l’écriture de personnages calqué sur la réalité de ceux qui les incarnent – et nourrie par une intimité qui n’est jamais intrusive, elle filme Brady et ses proches comme membres à part entière d’une harmonie, témoins d’un retour à l’état de nature où toutes les frontières (si cruciales dans la définition du western et de l’histoire de l’Amérique) se brouillent. Comme dans Les Chansons que mes frères m’ont apprises, elle place sa caméra avec une rigueur qui la défend de toute approche paternaliste : en restant constamment à hauteur de la croyance de ses personnages, la réalisatrice s’installe dans leur rythme et magnifie leurs possibles. Ce drame réaliste, brut de poésie et tourné dans des paysages magnifiques, nous touche en plein cœur.





