Réalisateur grec, 1973
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Evangelia
Randou, Aris Servetalis, Youlika Skafida
Film grec
Genre : drame
Durée : 1h35
Année : 2005
Titre original : Κινέττα
Kinetta,
une pauvre petite ville de Grèce, abandonnée pendant l'hiver par
les travailleurs immigrés. Des policiers en civil passionnés
d'automobiles, des greffiers et des femmes russes enquêtent sur une
récente série de meurtres qui se sont produits dans le coin.
Nous
faisons ici la connaissance d'un triangle amical étrange : une femme
de chambre qui s'amuse à simuler des morts violentes, un "metteur
en scène" fasciné par la violence qu'il met ensuite en scène
très froidement, et un cameraman qui filme tout ça sans affect. Ce
trio passe le temps dans une sorte de ville déserte à fabriquer des
films, où les actions violentes sont filmées lentement, avec
distance, où les événements les plus tendus (le viol, la mort,
l'amour) sont remplacés par leurs simulacres, par des mimes de
surface. Le film est en caméra sur épaule
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Christos
Stergioglou, Michele
Valley, Christos
Passalis
Film grec
Genre : drame
Durée : 1h36
Année : 2009
Titre original : Κυνόδοντας
Une
famille vit dans une maison en pleine campagne. Les enfants ne l'ont
jamais quittée. Ils ont été élevés sans aucune influence du
monde extérieur.
On
retrouve avec Canine le style caractéristique du cinéastegrec
: cadrage millimétré et fixe, une mise en scène et en espace
proches de la chorégraphie, un ton sarcastique, mystérieux et
pince-sans-rire, et des idées folles. La
mise en scène, à coups d’idées de cinéma, grâce à une
interprétation habitée, ne s’écarte jamais d’une certaine
forme de réalisme, et, même au cœur de l’horreur, d’une
certaine tendresse à l’égard de ses personnages (l’amour et la
douleur qui unissent les parents). C’est au prix de ces
efforts humanistes que Canine, toujours au bord du précipice
(ce sont les meilleurs films), ne tombe jamais dans la démonstration,
le symbolisme excessif ou le moralisme froid à la Ulrich Seidl ou
Lars von Trier. C’est plutôt sur les terres de Fassbinder ou
Pasolini que s’aventure le cinéma de Yorgos Lanthimos.
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Angeliki
Papoulia, Ariane
Labed, Aris
Servetalis
Film grec
Genre : drame
Durée : 1h33
Année : 2011
Titre original : Άλπεις
Une
infirmière de nuit fournit des services bien particuliers aux
familles qui ont perdu leurs proches. Cette infirmière appartient à
une mystérieuse communauté, les Alpis, dont les membres remplacent,
en échange d'un salaire, les gens qui viennent de décéder auprès
de leurs familles.
Doté
d’un scénario des plus original et étonnant, Alps se
présente comme un film à la fois sinistre et drôle, pouvant aller
jusqu’à être étrangement dérangeant voir même effrayant par
son apparence austère, son scénario glacial et sa mise en scène
chirurgicale. Le scénario fascinant (coécrit avec Efthimis
Filippou) réinvente un monde où tous nos repères sont mis à mal.
Comme Canine, Alps repose sur une construction
passionnante de création d’une réalité parallèle, différente
de celle que l’on connaît car justement dénuée de tout réalisme.
Une réalité surréaliste angoissante où l’absurde côtoie le
morbide. Notre vision de la réalité est déviée. Les normes
sociales, tout comme nos certitudes, volent en éclats. L’humour
glacial, à l’image de son esthétique visuelle froide (couleurs
blanches et bleutées) et l’imprévisibilité de l’histoire
créent une tension permanente chez le spectateur. Ce beau film
étrange vient confirmer l’univers personnel d’un auteur atypique
qui rappelle tout autant ceux de Michael Haneke et Robert Bresson que
ceux de John Cassavetes où encore de Luis Buñuel. Foisonnant
d’allégories en écho à la situation actuelle de son pays mais
aussi à celle du monde occidental, Yorgos Lanthimos délivre ici une
véritable expérience de psychologie sociale, une recherche
anthropologique, tout en en refusant paradoxalement mais brillamment
toute explication didactique. Audacieux par son sujet et son scénario
mais aussi par son traitement, sa mise en scène rigoureuse (scènes
abruptes; cadres précis et longs plans fixes évocateurs), ce film
furieux déstabilise et désoriente en questionnant sur la limite où
se situe la frontière entre le jeu, mais aussi le « je »,
et la « vraie vie ». L’Être et le paraître. A trop
vouloir paraître, on oublie d’être. Écrasé par la perversion du
système auquel se réfère la société, l’être humain perd toute
son individualité et donc par la même son humanité. Les acteurs et
leurs personnages jouant des personnages (vertigineuse et brillante
mise en abîme) ne sont plus que des corps sans « âme »,
sans conscience, sans personnalité. Ils sont vides de toute humanité
et n’ont pas plus de vie en eux que les disparus qu’ils
remplacent. Les personnes disparues ne sont plus et sont
irremplaçables. Ce constat de la non acceptation de la mort renvoie
inéluctablement à la question du (non)sens de la vie.
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Colin
Farrell, Rachel
Weisz, Jessica
Barden, Léa Seydoux
Film grec, irlandais, britannique
Genre : drame
Durée : 1h59
Année : 2015
Titre original : Ο
Αστακός
Dans
un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée,
transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur.
Passé ce délai, elle sera transformée en l'animal de son choix.
Pour échapper à ce destin, un homme s'enfuit et rejoint dans les
bois un groupe de résistants ; les Solitaires.
Yorgos
Lanthimos élabore un
film étrange et prenant, une satire des
injonctions au bonheur et à la vie à deux, prodiguées ad nauseam
par la pub et autres images dominantes. C'est un système fermé :
une machine à produire de la fiction gratuite et cérébrale, une
fable acide sur les entraves que l'homme met sans cesse à son propre
bonheur. Mais le bonheur frelaté de la
consommation et la contrainte normative qui le sous-tend, le refus de
cette jouissance et le repli sectaire qui s’ensuit, sont des termes
qui ne nous sont hélas pas étrangers. The Lobster prend
donc place dans la famille orpheline des fables sociales
type Week-end (1967), de Jean-Luc Godard, De la
guerre (2008), de Bertrand Bonello, ou Her (2014), de
Spike Jonze.
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Colin
Farrell, Nicole
Kidman, Barry
Keoghan
Film irlandais, britannique
Genre : drame
Durée : 2h
Année : 2017
Titre original : The
Killing of a Sacred Deer / Ο
θάνατος του ιερού ελαφιού
Steven,
un brillant chirurgien, prend sous son aile un adolescent. Ce dernier
s’immisce progressivement au sein de sa famille et devient de plus
en plus menaçant, jusqu’à conduire Steven à un impensable
sacrifice.
Inspiré par le
mythe d’Iphigénie, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos signe une
tragédie où le spectateur devient le cobaye d’une expérience.
C’est sans doute dans les choix de mise en scène et de direction
d’acteurs que le nihilisme calculateur de Yorgos Lanthimos
s’affirme le plus exemplairement. Longs travellings dans les
couloirs sinistres d’un hôpital moderne, plans en plongée
verticale… par cette rhétorique formelle, le cinéaste inscrit le
sentiment d’une fatalité et d’un déroulement inéluctable vers
la catastrophe. Mise à mort du cerf sacré manipule les
tons et les esthétiques avec une virtuosité qui fascine le
spectateur à mesure qu’il l’éprouve. Avec cette œuvre à la
fois glaçante et baroque, ironique et furieusement tragique, Yórgos
Lánthimos offre un film d’épouvante précieux, de ceux qui
métamorphosent le cinéma en expérience métaphysique.
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Olivia
Colman, Rachel
Weisz, Emma Stone
Film améric
Genre : drame
Durée : 2h
Année : 2018
Titre original : The Favourite / Η
Ευνοούμενη
Début du XVIIIème
siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la
cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation
d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère
instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le
pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill,
arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle
pourrait être une alliée. Abigail va y voir l’opportunité de
renouer avec ses racines aristocratiques. Alors que les enjeux
politiques de la guerre absorbent Sarah, Abigail quant à elle
parvient à gagner la confiance de la reine et devient sa nouvelle
confidente. Cette amitié naissante donne à la jeune femme
l’occasion de satisfaire ses ambitions, et elle ne laissera ni
homme, ni femme, ni politique, ni même un lapin se mettre en travers
de son chemin.
Yorgos Lanthimos
n’a pas pour habitude de faire des ronds de jambe à la société
contemporaine. Il a pris soin, dans ses précédents films, d’en
révéler les plus mauvais travers. Dans Canine (2009), The
Lobster (2015) et Mise
à mort du cerf sacré (2017)
régnaient l’hypocrisie, le mensonge, le crime, le sectarisme. Des
maux que le cinéaste grec a toujours soumis à la cruauté et à
l’irrévérence, explosant tout sur son passage, la forme comme le
fond. On aurait pu craindre qu’un film
historique en costumes vienne amoindrir ce caractère nihiliste et le
sens de la dérision dont le cinéaste l’accompagne. On sait, après
avoir vu La Favorite, qu’il en eut fallu bien plus, à Yorgos
Lanthimos, que la cour du Royaume-Uni, au XVIIIe siècle, pour
l’intimider et l’assagir. Nul doute, à l’inverse, qu’il ait
éprouvé un malin plaisir à repousser les limites du genre et à
dynamiter les figures qui ordinairement l’animent, trouvant dans
les fastes d’un royaume nouvelle matière à ses impertinences. Car
si sa mise en scène se veut moins radicale qu'à l'accoutumée, sa
verve sarcastique reste inchangée, tout comme le regard sans
complaisance qu'il porte sur cet étrange animal qu'est l'être
humain. Avec The Favourite, plutôt que de se fourvoyer
artistiquement, il fait preuve d'
un humour grinçant et jubilatoire qui lui permet d'exceller dans
l'exercice satirique et de questionner durablement notre époque,
notamment sur la place octroyée par celle-ci à la femme. Mais si
cela est possible, c'est avant tout grâce au remarquable travail
d'écriture effectué par Deborah Davis et Tony McNamara. En effet,
grâce à leurs plumes, l'univers habituellement clinique du cinéaste
se transforme en quelque chose de plus vivant et d'infiniment plus
universel ; à l'instar de ces personnages qui ne sont plus
uniquement froids et cruels, mais qui deviennent des êtres complexes
et ambivalents, capables d'éprouver des sentiments aussi forts que
contradictoires (amour, jalousie, etc.). Ainsi, plutôt que de tomber
dans la caricature et le manichéisme, The Favourite explore
le comportement humain dans toute sa complexité, à travers
des figures qui se veulent plus intemporelles qu'historiques, plus
symboliques que réalistes. L’incroyable mélange
de drôlerie et de férocité de "La Favorite", allié un
scénario intelligent, des actrices hors-pair, un montage audacieux
et une photographie somptueuse font de ce
film à la fois l'un de plus accomplis de
Lanthimos mais aussi un ses plus
accessibles. Moins glaçant que "Mise à mort du cerf sacré"
il n'en poursuit pas moins son étude de la désagrégation de l'âme
humaine.
Réalisé par Yórgos
Lánthimos
Avec Emma Stone, Mark Ruffalo, Willem Dafoe, Ramy Youssef
Film irlando-britannico-américain
Genre : comédie, fantastique
Durée : 2h21
Année de production : 2023
Avec Emma Stone, Mark Ruffalo, Willem Dafoe, Ramy Youssef
Film irlando-britannico-américain
Genre : comédie, fantastique
Durée : 2h21
Année de production : 2023
Bella est une jeune femme ramenée à la vie par le brillant et peu orthodoxe Dr Godwin Baxter. Sous sa protection, elle a soif d’apprendre. Avide de découvrir le monde dont elle ignore tout, elle s'enfuit avec Duncan Wedderburn, un avocat habile et débauché, et embarque pour une odyssée étourdissante à travers les continents. Imperméable aux préjugés de son époque, Bella est résolue à ne rien céder sur les principes d’égalité et de libération.
Visuellement stupéfiant, le film démarre en noir & blanc et bascule en couleurs quand les personnages embarquent pour un voyage au long cours et se laisse admirer à chaque plan. Radical, drôle, émouvant, déstabilisant et complètement fou. Pauvres Creatures est de ces rares oeuvres qui continuent de nous hanter longtemps après leur générique de fin. Emma Stone, dans le rôle d’une femme qui redécouvre son corps et le regard des hommes, livre une prestation hors norme.
Réalisé par Yórgos Lánthimos
Avec Emma Stone, Jesse Plemons, Willem Dafoe
Irlande, Royaume-Uni, Etats-Unis
Comédie noire, thriller psychologique
2h44
2024
KINDS OF KINDNESS est une fable en tryptique qui suit : un homme sans choix qui tente de prendre le contrôle de sa propre vie ; un policier inquiet parce que sa femme disparue en mer est de retour et qu’elle semble une personne différente ; et une femme déterminée à trouver une personne bien précise dotée d’un pouvoir spécial, destinée à devenir un chef spirituel prodigieux.
Domination, peur de l'autre et sectarisme, cette fable en trois histoires différentes, jouée par les mêmes interprètes, est un exercice de style, brillant certes, mais au fond assez vide.







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