15 juil. 2012

Orson Welles

Réalisateur américain, 1915 - 1985



Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Everett Sloane, William Alland, Joseph Cotton, Dorothy Comingore, Ray Collins, George Coulouris, Agnes Moorehead, Paul Stewart, Ruth Warrick, Erskine Sanford
Film américain
Genre : comédie dramatique
Durée : 1h59
Année de production : 1940
A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu'il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire.
Le film qui marqua toute l’histoire du cinéma. Un chef-d’œuvre qui surprend encore par son aspect novateur, ses inventions stylistiques, sa beauté formelle et sa construction narrative.

 
La Splendeur des Amberson
Réalisé par Orson Welles
Avec Tim Holt, Joseph Cotten, Dolores Costello, Anne Baxter, Agnes Moorehead, Ray Collins, Erskine Sanford, Richard Bennett
Film américain
Genre : drame
Durée : 1h28
Année de production : 1942
Au tournant du XX ème siècle, la décadence d’une famille bourgeoise croise l’ascension d’un autre clan.
Le déclin d’une dynastie néo-aristocratique donne lieu à un film éclatant par son génie créatif, notamment dans l’utilisation du plan-séquence.



Le criminel
Réalisé par Orson Welles.
Avec Orson Welles, Edward G. Robinson, Loretta Young, Philip Merivale, Richard Long.
Film américain.
Genre : policier.
Durée : 1h35.
Année de production : 1946.
Un inspecteur relâche un ancien chef de camp d’extermination nazi, dans l’espoir qu’il le mènera sur les traces de son supérieur. Mais le criminel échappe à sa surveillance.
Sur un scénario de John Huston, Orson Welles réalise ce film mineur dans sa filmographie qui n’atteint pas la perfection de La Soif du Mal et de La Dame de Shanghaï ses deux autres films noirs. Cependant, il n’en est pas moins passionnant. Car Welles parvient, malgré un scénario trop manichéen et prévisible, à transformer un simple script de série B en véritable leçon de mise en scène.

La dame de Shanghai
Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Rita Hayworth, Everett Sloane, Glenn Anders
Film américain
Genre : drame
Durée : 1h25
Année de production : 1946
Le marin Michael O'Hara vole au secours d'Elsa Bannister, aux prises avec des malfaiteurs. Le lendemain, le mari de celle-ci embauche le matelot sur son yacht pour une croisière. Une idylle naît entre Michael et Elsa, surprise par Grisby, l'associé de Bannister. Celui-ci veut conclure avec le jeune marin un étrange marché...
Orson Welles adapte un obscur polar de Sherwood King, et en fait un chef-d'oeuvre, étonnant une fois de plus par l'originalité de ses cadrages et de ses angles de vue. Welles nous mène sur de fausses pistes jusqu’au final éblouissant. dans la galerie des glaces. La Dame de Shanghai est une forme de conclusion en apothéose d'un genre typiquement hollywoodien mais déjà expirant - le film noir à héroïne mortellement vénéneuse -, dont l'esthétique fébrile, violemment baroque, bouscule toutes les conventions. Entrepris après des insuccès publics, le film devait, grâce à la présence de sa vedette Rita Hayworth, assurer enfin la réussite commerciale d'un réalisateur salué jusqu'ici par la seule critique. L'échec de sa sortie est à la mesure des espérances, immense, et il scelle le destin d'un créateur trop irréductiblement original et imprévisible pour que le système hollywoodien puisse prétendre le domestiquer.

Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Jeannette Nolan, Edgar Barrier, Roddy McDowall
Film américain
Genre : drame
Durée : 1h50
Année de production : 1948
Obsédé par une prophétie, un fou sanguinaire écrase tous ceux qui s’opposent à sa marche vers le pouvoir.
Macbeth reprend la mise en scène de la pièce montée par Welles avec sa compagnie du Mercury Theater. En 1948, un petit studio indépendant, spécialisé dans le western, accepte de financer Macbeth, dont Orson Welles dissimule la pauvreté des décors dans un brouillard artificiel. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, avec des longs plans-séquence et une volonté de stylisation de Welles pour cette adaptation passionnante.

Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Suzanne Cloutier, Michael McLiammoir
Film français, italien, marocain, américain
Genre : drame
Durée : 1h35
Année de production : 1952
Iago, officier fourbe et intrigant de la flotte vénitienne, manipule l'entourage du général Othello dont il veut la perte.
En disgrâce avec les producteurs américains, en particulier parce qu'il figure sur la liste noire de la MPAA (Motion Picture Association of America), qui refuse d'employer des artistes supposés de tendance communiste, Welles va jouer de nombreux rôles pour financer son nouveau projet : Othello. Quatre années de labeur dans des conditions moins qu’idéales, un tournage difficile, éclaté et sporadique sans cesse interrompu faute d’argent ou d’acteurs, une année complète de montage... Conséquence de ce tournage fauché et déployé sur plusieurs mois, le montage est d'un rythme survolté. Les plans se succèdent de façon effrénée. Le drame se joue en quelques ellipses et champs-contrechamps avec une foule de gros plans (parfois très gros) pour éviter de trahir l'arrière-plan qui, d'un pays à l'autre, n'est évidemment plus raccord. Alliant son amour pour Shakespeare et l’expression théâtrale à son génie purement cinématographique et son penchant pour l’expérimentation formaliste, Welles a conçu une œuvre visionnaire en parfait équilibre entre le classicisme et la modernité.
Palme d'Or au Festival de Cannes en 1952.

Monsieur Arkadin-Dossier secret
Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Gordon Jackson, Paola Mori, Michael Redgrave, Patricia Medina, Akim Tamiroff, Suzanne Flon, Katina Paxinou, Mischa Auer, Robert Arden, Peter Van Eyck, Jack Watling
Film franco espagnol
Genre : policier
Durée : 1h36
Année de production : 1955
Devenu amnésique, Arkadin, riche marchand d’armes, engage un aventurier pour enquêter sur son passé. A fur et à mesure que l’apprenti détective remonte le fil de son histoire, les témoins disparaissent un à un…
A la croisée de «Citizen Kane» (pour cette biographie d'un magnat racontée en flash-back), du «Procès» (pour cet attrait de Welles pour le grotesque des visages) et du «Troisième Homme» de Reed (pour ces ombres portées, ces cadrages obliques et ce personnage d'ex-traficant au passé trouble, le scénario étant d'ailleurs directement adapté d'une histoire radiophonique d'Harry Lime), Mr. Arkadin est un film sur les mensonges, la manipulation, les apparences ainsi qu’un envoûtant voyage dans une Europe fantasmée, baroque et inquiétante. Welles signe là un chef-d’œuvre – trop méconnu – du polar noir.

La soif du mal
Réalisé par Orson Welles
Avec Marlene Dietrich, Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles, Ray Collins, Joseph Cotten, Zsa Zsa Gabor, Mercedes McCambridge, Akim Tamiroff, Dennis Weaver, Keenan Wynn
Film américain
Genre : policier
Durée : 1h33
Année de production : 1958
Un homme d’affaires et sa maîtresse meurent dans l’explosion de leur voiture dans une ville-frontière. Un flic qui a tout vu, décide de mener l’enquête avec le chef de la police locale.
Démarrant son film sur un plan séquence explosif d'une splendeur sans précédent et le terminant sur la sublime silhouette de Marlène Dietrich se perdant dans la nuit, Welles surprend et éblouit de bout en bout avec ce splendide film noir, véritable anthologie de morceaux de bravoure.

 
Réalisé par Orson Welles
Avec Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider, Orson Welles, Suzanne Flon, Arnoldo Foa, Jess Hahn, Fernand Ledoux, Michael Lonsdale, Elsa Martinelli, Katina Paxinou, Madeleine Robinson, Akim Tamiroff, Maurice Teynac
Film italien, ouest-allemand, français
Genre : drame psychologique
Durée : 2h
Année de production : 1963
Un petit fonctionnaire besogneux est arrêté. Une justice absurde lui reproche sa qualité d’homme.
A partir du roman de Kafka, Welles construit une vertigineuse descente aux enfers, un cauchemar surréaliste.


 
Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Margaret Rutherford, John Gielgud, Marina Vlady, Jeanne Moreau
Film hispano-suisse
Genre : drame
Durée : 1h53
Année de production : 1965
Les frasques du prince de Galles, fils d'Henry IV, roi d'Angleterre, et de son ami Falstaff, grand buveur, mangeur et voleur par-devant l'éternel. Accédant au pouvoir, Henry V envoie son ami en exil ou ce dernier meurt de chagrin.
La plus joyeuse et crépusculaire à la fois de ses adaptations de Shakespeare, la plus profondément accordée aussi aux préoccupations de Welles qui revient à sa chère Espagne pour réaliser un projet (l'audacieuse synthèse de plusieurs pièces de Shakespeare) qu'il avait déjà tenté à la scène en 1939 et 1960. Orson Welles considérait ce film comme son meilleur film avec Le Procès. Il apparaît à certains critiques comme son œuvre la plus achevée.

Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Jeanne Moreau, Roger Coggio, Norman Eshley
Film français
Genre : fantastique
Durée : 55 min
Année de production : 1967
Un vieillard richissime, obsédé par une légende de mains, s’identifie au personnage du récit et tente de lui donner vie, avec l’aide de son comptable.
Tourné originellement pour la télévision française, ce moyen métrage onirique d’Orson Welles a fini par sortir en salles car considéré comme très bon. C’est une méditation funèbre sur la nécessité des contes et la vanité de leur mise en scène. La flamboyance des œuvres précédentes s'assagit ici, comme glacée par la lassitude. Welles n'a que cinquante-deux ans. C'est le dernier film de fiction qu'il livrera au public.

Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Oja Kodar, Christian Odasso
Film franco-irano-allemand
Genre : documentaire
Durée : 1h25
Année de production : 1973
Un film essai d'Orson Welles sur "le délicieux mensonge" de l’œuvre d'art, une variation sur les rapports du créateur avec sa création et toute la vérité sur un des plus grands faussaires, Elmyr de Hory.
F for Fake constitue un prodigieux tour de magie cinématographique autour de l'imposture en art. Welles est parti d'images, filmées par François Reichenbach, représentant le célèbre faussaire Elmyr de Hory, auquel Clifford Irving consacra un livre.  Ce journaliste n'a-t-il pas lui-même commis un faux en produisant une prétendue autobiographie d'Howard Hughes, ce milliardaire invisible et mythique qui a hanté l'œuvre du cinéaste ? Affublé de la cape et du chapeau des prestidigitateurs, Welles en vient à parler de lui-même, de ses mythifications célèbres, images à l'appui, avant de se jouer une nouvelle fois du spectateur à travers une superbe jeune femme, Ojar Kodar, qui aurait servi de modèle à Pablo Picasso ; Mais le peintre n'a-t-il pas autorisé toutes les supercheries, lui qui a dit "la vérité est un mensonge" ? "Un mensonge qui fait comprendre la réalité" ajoute Welles, qui remet ainsi en question la conception capitaliste de l'art et rejoint "la mystique de l'art gothique triomphant".

Réalisé par Orson Welles
Avec Orson Welles, Michael McLiammoir, Hilton Edwards
Film RFA USA
Genre : documentaire
Durée : 1h24
Année de production : 1978
Orson Welles se présente dans une salle de montage. Il raconte l'histoire du tournage d'Othello (naissance du projet, difficultés à trouver les finances...) et disserte sur l'importance du montage.








Don Quichotte
Réalisé par Jess Franco et Orson Welles
Avec Francisco Reiguera, Akim Tamiroff, Orson Welles, José Mediavilla, Juan Carlos Ordóñez, Constantino Romero, Fernando Rey
Film italo américain
Genre : aventures
Durée : 1h55
Année de production : 1992
Dans l’Espagne des années 1960, un monsieur un peu fou, grand lecteur de romans de chevalerie, entreprend de traverser le pays à cheval, accompagné d’un fidèle écuyer, afin d’accomplir de grandes actions de chevalier et de conquérir le cœur d’une femme.
Don Quichotte est un film mythique d’Orson Welles, tourné par morceaux sur une très longue période et inachevé. Pour des raisons économiques et de liberté créatrice, le film muet, Noir et Blanc, sans script, sans scénario avec une caméra portable a été tourné de Paris, au Mexique, en Italie ou en Espagne au gré de l’inspiration. Welles débute le tournage en 1955 à Paris puis le reprend en 1957 avant de l’interrompre à nouveau en 1959 puis le reprend en 1961. En 1964 le film est « terminé » une première fois. Welles garde le film par devers lui, il en est le producteur et ne semble pas en être satisfait. Il continue à tourner des séquences, toujours en muet. Welles remonte une deuxième fois le film dans les années 1970, puis semble à nouveau abandonner le projet, insatisfait, cherchant de nouvelles solutions. Selon l’aveu même du cinéaste, Don Quichotte n’est pas resté inachevé pour cause de manque de moyens. Ce film apparaissait pour Welles comme une sorte de Work in progress, un « exercice privé » réalisé au fil des ans de façon indépendante, sans obligation, sans contrainte de temps. En 1991, les ayants droit d’Orson Welles proposent à Jess Franco de terminer le film de manière à pouvoir « le » sortir en salle en 1992. Jess Franco est un réalisateur de films fantastiques qui avait été l’assistant-réalisateur de Welles sur Falstaff. Il s’approprie le matériel de Welles pour donner une lecture « possible » des rushes en moins de deux heures. Accumulation de rushes sans réelle cohérence, le film apparaît comme un magma d’une rare laideur, que le cinéaste aurait sans doute dynamité par la suite – comme il l’avait fait pour Othello. Cependant on retrouve dans cette adaptation à la fois fidèle et iconoclaste de Cervantès la passion de Welles pour l’Espagne, et des affinités avec l’art de Pasolini et Buñuel. Le film s’inscrit dans l’œuvre du cinéaste, à travers un nouveau personnage marginal, rejeté, démiurgique, finalement proche de son Charles Foster Kane ou surtout de son Arkadin.

Réalisé par Myron Meisel, Bill Krohn, Orson Welles, Richard Wilson, Norman Foster
Avec Miguel Ferrer, Carmen Miranda, Grande Otelo, Orson Welles
Film Etats-Unis, France
Genre : comédie dramatique
Durée : 1h27
Année de production : 1993
Lorsque le 7 décembre 1941 l’attaque japonaise sur Pearl Harbour précipite les États-Unis dans la guerre. Nelson Rockefeller, actionnaire de la RKO, et le président Roosevelt lui-même demandent à Welles de tourner un film au Brésil, ce qui faciliterait les relations avec ce pays, que les États-Unis voudraient voir à leurs côtés pendant le conflit mondial. Car le Brésil est dirigé par le dictateur Vargas et certains membres de son gouvernement sont des sympathisants nazis. On commande à Welles un film consensuel, voire touristique, dont le thème est tout trouvé : le carnaval de Rio. Welles arrive sur place sans scénario, en sachant seulement que trois histoires composeront It’s All True.  Très vite, Orson Welles se passionne pour un fait divers social et politique : l'odyssée héroïque de quatre pêcheurs brésiliens partis du Nordeste, qui ont parcouru 2500 kilomètres sur leur jangada, pour dénoncer leur misère. Mais le sort s'acharne contre Welles : furieux des orientations données au film,  les nouveaux dirigeants de la RKO décident d’ajourner la production. Le réalisateur se retrouve donc seul avec un film qu'il ne pourra jamais finir. Avec le peu d’argent qui lui reste, le cinéaste décide d’achever l’épisode, « Four men on a raft » avant de retourner aux États-Unis. À Hollywood, sa réputation est faite : Welles est un irresponsable, un réalisateur incontrôlable qui gaspille l’argent de la production. Il ne trouve plus un seul dollar pour achever son ouvre, ni même pour monter Quatre Hommes sur un radeau, seul épisode entièrement tourné. On ne sait même pas ce qu’est devenu le négatif. Pourtant plus de quarante ans après, en 1985, les bobines de It’s All True sont retrouvées dans un entrepôt. Welles, âgé de soixante-dix ans - il mourra quelques mois plus tard - demande alors à ses amis (Richard Wilson, Myron Meisel et Bill Krohn) de ressusciter autant que possible, sur ses indications, l’ouvre perdue. Une version restaurée du film est alors montée à partir des indications du cinéaste. "It's All True" s'ouvre par le récit de l'épopée de Welles au Brésil, à travers les témoignages de ceux qui ont travaillé avec lui et nous montre les survivants, fils ou cousins des pêcheurs que Welles a filmés, et qui considèrent ce film comme leur héritage. Suit l’ épisode de cinquante minutes, « Four men on a raft ».